Les larmes ne sont jamais loin. Le temps glisse entre tes doigts, les souvenirs s’endorment dans ta mémoire. Et tu crois que c’est fini. Alors tu vis comme si de rien n’était.
Mais ça te rattrape. Toujours. Un mot qu’on te lance, t’as pas pris garde. Tu penses
pas que ça t’atteindra. Mais ça roule déjà sur tes joues. Ça brûle dans ton corps, ça serre, ça suffoque et maintenant tu sais que tu vas étouffer.
Tu t’étais promise de pas laisser se briser ta carapace. Mais c’est trop douloureux.
T’as mal et t’en crèves. La colère qui monte contre toi est trop forte. Tu cèdes sous la pression.
Tu fous tout en l’air toi ! Ta vie et les autres. Les mecs surtout. Tu bousilles ceux
qui tiennent à moi et restent avec ceux en qui tu doutes. Impossible de faire confiance, de voir autre chose en eux qu’une source de souffrance. Peur de
t’attacher. De ressentir ou sentir simplement. Peur d’être déchirée et pillée.
T’as pas compris que c’est trop tard ? Déjà fait ?
Cette foutue angoisse qui te ronge, t’empêche de vivre, d’avancer .
Handicapée du bonheur.
Et lui te regarde sans comprendre. Même quand t’essaies d’expliquer il comprend pas. Veut pas, peut pas. Le résultat c’est que tu passes pour une folle, une femme qui refuse de grandir, qui pleure pour qu’on s’occupe d’elle. Et puis tu dis plus rien. Tu fermes ta gueule. Tu penses qu’il a raison et que c’est de ta faute. Qu’il ne tient qu’à toi d’aller mieux.
T’es la folle, la malade, la suicidaire. Celle qui a peur d’elle et des autres. Qui a peur
de l’amour et pleure de ne pas être aimée. Qui veut aimer pour se sentir vivre et qui fuit quand il est là. L’absurde qui veut vivre et mourir à la fois.
Alors tu détruis tout ce qui est beau, enlaidis ce qui promet, ruines les espoirs, joues et blesses.
Trop allumeuse, pas assumée.
Mais tu ne mens qu’à toi-même. Et à ce petit jeu, c’est toi la perdante.